Rénovation appartement Paris 3e
Dans le 3e, beaucoup d'appartements ont été prélevés dans d'anciens hôtels particuliers. Ils n'ont pas été conçus comme des logements, et ça se voit dans le plan.

Les hôtels particuliers ne sont pas tous des musées
Une rénovation appartement Paris 3e ne commence pas par une question de style, mais par une question d'origine : qu'était cet espace avant d'être un appartement.
Le Marais s'est couvert d'hôtels particuliers aux XVIIe et XVIIIe siècles. Quelques-uns sont devenus des musées et des institutions, Soubise, Rohan, Salé, Carnavalet. Les autres, bien plus nombreux, sont restés habités.
Entre-temps, ils ont beaucoup servi. La noblesse a quitté le quartier pour le faubourg Saint-Germain, et ces demeures sont devenues des ateliers, des entrepôts, des commerces, avant d'être redécoupées en logements au fil des XIXe et XXe siècles.
D'Arts-et-Métiers aux Archives, des Enfants-Rouges à Sainte-Avoie, autour du Carreau du Temple et de la rue de Bretagne, c'est le même tissu : 26 437 logements pour 32 179 habitants, dans un bâti qui n'a presque jamais été construit pour loger.
C'est ce qui rend toute rénovation d'appartement différente ici. Vous n'habitez pas un appartement ancien, vous habitez un morceau de bâtiment ancien, et les deux ne se traitent pas de la même façon.
Vous ne savez pas ce qu'était votre immeuble avant ? C'est par là qu'on commence.
Votre appartement est un morceau d'une pièce plus grande
C'est la phrase qui explique presque toutes les bizarreries de ces logements, et elle surprend toujours.
Dans un hôtel particulier, il n'y avait pas de couloir. Les pièces se commandaient l'une l'autre, alignées sur la façade, et l'on traversait la première pour atteindre la seconde. Cette succession s'appelle une enfilade, et c'était le principe de distribution de toute la demeure.
Le découpage en appartements a tranché dans ces enfilades, souvent perpendiculairement. D'où les anomalies que vous constatez sans les expliquer : une cheminée plantée au milieu d'un mur, une porte condamnée derrière un placard, un parquet dont le motif continue de l'autre côté d'une cloison, une moulure qui s'arrête net.
Le niveau compte aussi. L'étage noble, le premier, recevait les plus belles hauteurs et les décors les plus soignés. Les étages supérieurs et les anciens communs n'ont jamais rien eu. Deux appartements du même immeuble peuvent donc n'avoir aucun point commun.
Avant de dessiner quoi que ce soit, nous cherchons donc à comprendre le plan d'origine, parce qu'il dit ce que la cloison coupe et ce qu'il y a derrière. C'est une demi-journée qui évite de découvrir un conduit maçonné ou une structure au milieu d'un projet déjà validé.
Votre plan vous paraît illogique ? Il l'est, et il y a une raison.

Le plafond à la française se répare, il ne se remplace pas
C'est l'élément le plus caractéristique de ces appartements, et le plus souvent maltraité.
Un plafond à la française, ce sont des poutres maîtresses et des solives apparentes, visibles depuis la pièce, sans aucun habillage entre elles. Dans le Marais, beaucoup datent de la construction d'origine et ont trois siècles.
Ils imposent une contrainte simple : rien ne se cache au-dessus, puisqu'il n'y a pas d'au-dessus. Tout ce qui doit circuler circule ailleurs, et l'éclairage se pense en applique, en suspension ou sur les poutres elles-mêmes.
Ils réservent aussi des surprises. Le bois peut être sain sur trois mètres et attaqué sur quarante centimètres, à un appui, là où une fuite ancienne a travaillé. Cela ne se voit pas tant qu'on n'a pas regardé de près, et cela ne se règle pas en remplaçant la pièce entière.
Un plafond de cette nature se traite donc par reprises ponctuelles, pas par dépose. C'est plus long à chiffrer et beaucoup moins cher à réaliser que ce que les propriétaires imaginent généralement.
Vos poutres vous inquiètent ? Dans neuf cas sur dix, c'est très localisé.

Ce que les années 1970 ont recouvert
C'est la meilleure nouvelle de ces chantiers, et elle arrive au moment de la dépose.
Beaucoup de ces appartements ont été modernisés entre 1960 et 1985, à une époque où l'ancien ne valait rien. Moquette sur le parquet, lambris sur les murs, coffrages autour des poutres, plaques de plâtre devant les boiseries, peinture épaisse sur les ferrures.
Rien de tout cela n'a été fait pour détruire. C'était la mode, et c'était souvent réversible.
La rénovation consiste donc ici à retirer plus qu'à ajouter, ce qui est inhabituel. Nous commençons par des sondages discrets en plusieurs points, derrière une plinthe, dans un angle, sous une trappe, pour savoir ce qui dort dessous avant d'écrire une ligne de devis.
Le résultat change le budget dans les deux sens. Trouver un parquet d'origine en bon état sous une moquette fait économiser un poste entier. Trouver des boiseries à restaurer en ajoute un. Dans les deux cas, mieux vaut le savoir avant de signer qu'au troisième jour du chantier.
Vous soupçonnez quelque chose sous la moquette ? Ça se vérifie en dix minutes.
Un bâtiment conçu sans électricité ni plomberie
C'est une évidence qu'on oublie, et elle explique l'état de la plupart de ces logements.
Une demeure du XVIIe siècle n'a été pensée ni pour l'eau courante, ni pour l'électricité, ni pour le chauffage central. Aucun cheminement n'était prévu pour les faire passer, puisqu'ils n'existaient pas.
Tout a donc été ajouté après coup, et à chaque époque selon ses moyens. Des tracés en apparent, des moulures creusées, des fausses plinthes, des faux pilastres, des saignées dans des murs qui n'étaient pas faits pour ça.
Conséquence pratique : avant de déplacer quoi que ce soit, il faut d'abord trouver où tout passe aujourd'hui. Dans un immeuble du XIXe, on le devine. Ici, on le cherche, et on le trouve rarement là où on l'attendait.
C'est pour cette raison que nous ne chiffrons jamais une reprise de réseaux dans le 3e sur plan seul. Le repérage se fait sur place, et il conditionne tout le reste du projet.
Personne ne sait où passent vos réseaux ? Nous allons les chercher avant de chiffrer.

Questions fréquentes
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